tvplanet/tinyplanet “voxel” engine

This is an old project. It’s maybe 2 or 3 years old? The first version was in C++. It got coded in Java too. This one is in Processing. It’s an incomplete “voxel” (rendered with polygons) unfinished engine.
It’s one iteration/version of the thing. Sadly i’m stuck and could never complete it. Or even could never decide on which way to go with it… I’d really love to at least complete a little/limited“gamey” version of it someday. But maybe I won’t never finish it.

Un Homme Qui Dort, 1974

la fin.

 


 

Ceci est ta vie. Ceci est Ă  toi. Tu peux faire l’exact inventaire de ta maigre fortune, le bilan prĂ©cis de ton premier quart de siĂšcle. Tu as vingt-cinq ans et vingt-neuf dents, trois chemises et huit chaussettes, quelques livres que tu ne lis plus, quelques disques que tu n’écoutes plus. Tu n’as pas envie de te souvenir d’autre chose, ni de ta famille, ni de tes Ă©tudes, ni de tes amours, ni de tes amis, ni de tes vacances, ni de tes projets. Tu as voyagĂ© et tu n’as rien rapportĂ© de tes voyages. Tu es assis et tu ne veux qu’attendre, attendre seulement jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien Ă  attendre : que vienne la nuit, que sonnent les heures, que les jours s’en aillent, que les souvenirs s’estompent.

Tu ne revois pas tes amis. Tu n’ouvres pas ta porte. Tu ne descends pas chercher ton courrier. Tu ne rends pas les livres que tu as empruntĂ© Ă  la BibliothĂšque de l’Institut pĂ©dagogique. Tu n’écris pas Ă  tes parents.

Tu ne sors qu’à la nuit tombĂ©e, comme les rats, les chats et les monstres. Tu traĂźnes dans les rues, tu te glisses dans les petits cinĂ©mas crasseux des Grands Boulevards. Parfois, tu marches toute la nuit ; parfois, tu dors tout le jour.


Tu n’as guĂšre vĂ©cu, et pourtant, tout est dĂ©jĂ  dit, dĂ©jĂ  fini. Tu n’as que vingt-cint ans, mais ta route est toute tracĂ©e. Les rĂŽles sont prĂȘts, les Ă©tiquettes : du pot de ta premiĂšre enfance au fauteuil roulant de tes vieux jours, tous les siĂšges sont lĂ  et attendent leur tour. Tes aventures sont si bien dĂ©crites que la rĂ©volte la plus violente ne ferait sourciller personne. Tu auras beau descendre dans la rue et envoyer dinguer les chapeaux des gens, couvrir ta tĂȘte d’immondices, aller nu-pieds, publier des manifestes, tirer des coups de revolver au passage d’un quelconque usurpateur, rien n’y fera : ton lit est dĂ©jĂ  fait dans le dortoir de l’asile, ton couvert est mis Ă  la table des poĂštes maudits. Bateau ivre, misĂ©rable miracle : Le Harrar est une attraction foraine, un voyage organisĂ©. Tout est prĂ©vu, tout est prĂ©parĂ© dans les moindres dĂ©tails : les grands Ă©lans du coeur, la froide ironie, le dĂ©chirement, la plĂ©nitude, l’exotisme, la grande aventure, le dĂ©sespoir. Tu ne vendras pas ton Ăąme au diable, tu n’iras pas, sandales aux pieds, te jeter dans l’Etna, tu ne dĂ©truiras pas la septiĂšme merveille du monde. Tout est dĂ©jĂ  prĂȘt pour ta mort : le boulet qui t’emportera est depuis longtemps fondu, les pleureuses sont dĂ©jĂ  dĂ©signĂ©es pour suivre ton cercueil.

Pourquoi grimperais-tu au sommet des plus hautes collines, puisque ensuite il te faudrait redescendre, et, une fois redescendu, comment faire pour ne pas passer ta vie Ă  raconter comment tu t’y es pris pour monter ? Pourquoi ferais-tu semblant de vivre ? Pourquoi continuerais-tu ? Ne sais-tu pas dĂ©jĂ  tout ce qui t’arrivera ? N’as-tu pas dĂ©jĂ  Ă©tĂ© tout ce que tu devais ĂȘtre : le digne fils de ton pĂšre et de ta mĂšre, le brave petit scout, le bon Ă©lĂšve qui aurait pu mieux faire, l’ami d’enfance, le lointain cousin, le beau militaire, le jeune homme pauvre ? Quelques efforts, mĂȘme pas quelques efforts, quelques annĂ©es encore, et tu seras un cadre oyen, le cher collĂšgue. Bon mari, bon pĂšre, bon citoyen. Ancien combattant. Un Ă  un, comme la grenouille, tu grimperas les petits barreaux de la rĂ©ussite sociale. Tu pourras choisir, dans une gamme Ă©tendue et variĂ©e, la personnalitĂ© qui convient le mieux a tes dĂ©sirs, elle sera soigneusement retaillĂ©e Ă  tes mesures : seras-tu dĂ©coré ? Cultivé ? Fin gourmet ? Sondeur des reins et des coeurs ? Ami des bĂȘtes ? Consecreras-tu tes heures de loisir Ă  massacrer sur ton piano dĂ©saccordĂ© des sonates qui ne t’ont rien fait ? Ou bien fumeras-tu la pipe dans un fauteuil Ă  bascule en te rĂ©pĂ©tant que la vie a du bon ?

Non Tu prĂ©fĂšres ĂȘtre la piĂšce manquante du puzzle. Tu retires du jeu tes billes et tes Ă©pingles. Tu ne mets aucune chance de ton cĂŽtĂ©, aucun oeuf dans ton panier. Tu mets la charue devant les boeufs, tu jettes le manche aprĂšs la cognĂ©e, tu vends la peau de l’ours, tu manges ton blĂ© en herbe, tu boids ton fonds, tu mets la clĂ© sous la porte, tu t’en vas sans te retourner.

Tu n’écouteras plus les bons conseils. Tu ne demanderas pas de remĂšdes. Tu passeras ton chemin, tu regarderas les arbres, l’eau, les pierres, le ciel, ton visage, les nuages, les plafonds, le vide.

Georges Perec, Un homme qui dort

 

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Utopie d’un homme qui est fatiguĂ©

« Dans nos Ă©coles on nous enseigne le doute et l’art d’oublier. Avant tout l’oubli de ce qui est personnel et localisĂ©. »

 

« — Personne ne peut lire deux mille livres. Depuis quatre siĂšcles que je vis je n’ai pas dĂ» en lire plus d’une demi-douzaine. D’ailleurs ce qui importe ce n’est pas de lire mais de relire. L’imprimerie, maintenant abolie, a Ă©tĂ© l’un des pires flĂ©aux de l’humanitĂ©, car elle a tendu Ă  multiplier jusqu’au vertige des textes inutiles.

— De mon temps Ă  moi, hier encore, rĂ©pondis-je, triomphait la superstition que du jour au lendemain il se passait des Ă©vĂ©nements qu’on aurait eu honte d’ignorer. »

 

« — À cent ans, l’ĂȘtre humain peut se passer de l’amour et de l’amitiĂ©. Les maux et la mort involontaire ne sont plus une menace pour lui. Il pratique un art quelconque, il s’adonne Ă  la philosophie, aux mathĂ©matiques ou bien il joue aux Ă©checs en solitaire. Quand il le veut, il se tue. MaĂźtre de sa vie, l’homme l’est aussi de sa mort[30].
— Il s’agit d’une citation ? lui demandai-je.
— Certainement. Il ne nous reste plus que des citations. Le langage est un systĂšme de citations. »

 

Extraits de: Jorge Luis Borges, « Le livre de sable »  / Utopie d’un homme qui est fatiguĂ©

The Sky Above…

The sky above the data center was the color of a broken virtual reality simulation.

 

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There was this DungeonThing 3D project in development with JMonkey Engine, and I thought i could maybe make a tiny rough stripped down version of it in Raycasting. Some sort of not-even-a-prototype. I wanted to work on it during the last four days of the #Glitchjam. But i couldn’t.

I took a little time after the jam to make something simple, my kinda late entry for the jam. It’s a tiny tiny game. Or maybe not a real game. Maybe a notgame. It’s kinda like a roguelike, but without permadeath, not even death. Nor ennemies. But there are bugs and visual glitches. Also a basic debug mode.

It’s a first rough release, like i would have done if i had worked on it during the last days of the #glitchjam. Maybe it could be developed later beyond this first version.

 

DungeonThing

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DungeonThing (temporary name). “Exploration roguelike”. Current status. 1) Example of a generated map. 2) A view of some placeholder textures. Player can move in the dungeon and collisions are working.