Une représentation à l’asile

Mais, bien sûr, il n’est pas bon de se lamenter, de se plaindre ou d’élever des protestations auxquelles personne ne fait attention et qui peuvent même, pour tout ce que je sais, être finalement utilisés contre moi et à mon désavantage.

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Avec n’importe qui d’autre, j’avais dû être réservée et soupçonneuse, me souvenant du proverbe: “Le silence est un ami qui ne trahit jamais personne.” Car comment pourrais-je savoir si la personne à qui je parle n’est pas un ennemi, ou peut-être en relation avec mes accusateurs ou avec ceux qui vont ultérieurement décider de mon destin ?

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J’en arrivais à penser à que si je ne sortais pas de ce cercle vicieux, j’allais devenir folle, que j’allais crier, que j’allais commettre un acte de violence éhonté dans la rue. Mais le fait de savoir que les lois de mon tempérament m’interdiraient ne serait-ce qu’un soulagement de cet ordre, que j’étais inexorablement emprisonnée dans ma détermination à ne laisser paraître aucune émotion était pire que tout.

 

Extraits de quelques courtes nouvelles d’Asylum Piece de Anna Kavan, relues ce soir, rapidement…
Hormis ça, elle évoque et invoque Kafka de manière assez intéressante dans un certain nombre de nouvelles de ce recueil.

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